Roman appui thérapeutique : quand un roman devient un appui thérapeutique

Fauteuil en cuir évoquant un cabinet thérapeutique, en résonance avec le roman Merde ! j’ai oublié les fleurs de Céline Guillaume

Écrire d’abord en silence

Au départ, l’écriture n’avait pas vocation à être vue.
Elle s’est installée discrètement, presque en cachette. J’écrivais sans en parler, avec une forme de retenue, voire de gêne. Comme si poser des mots était déjà un pas trop grand. Comme s’il fallait protéger ce geste-là, le garder à l’abri.

Pendant longtemps, personne ne savait vraiment que j’écrivais.
Puis, petit à petit, j’ai accepté que cela se sache — sans dire quoi, sans dire pourquoi, sans dire sur quoi. L’écriture existait, mais le contenu restait clos.

Cet article revient sur la manière dont Merde ! j’ai oublié les fleurs est devenu, pour certains lecteurs, un roman appui thérapeutique, sans avoir été pensé comme tel.


Lever les barrières, une à une

La construction du livre s’est faite par étapes. Lentement. Par paliers.

Il a fallu du temps pour accepter de dire de quoi parlait ce texte.
Encore du temps pour accepter qu’il soit lu.
Encore du temps pour envisager qu’il puisse un jour être publié.

Chaque étape demandait un renoncement : à la discrétion, au contrôle, à la possibilité de revenir en arrière.

Quand j’ai accepté l’idée de publier Merde ! j’ai oublié les fleurs, je pensais avoir franchi le cap le plus difficile.
Je n’avais pas conscience qu’une autre étape m’attendait encore : le regard des autres.


Le moment où le livre ne m’appartient plus

La parution n’a pas été une fin.
Elle a été un basculement.

Très vite, les retours sont arrivés. Des lecteurs. Des lectrices. Des gens que je connaissais. D’autres pas du tout. Et avec eux, quelque chose d’inattendu : un effet réparateur que je n’avais pas anticipé.

Je savais que l’écriture pouvait faire du bien.
Je n’imaginais pas que les retours feraient autant de bien.

Des lecteurs m’ont parlé de résonance.
D’autres de reconnaissance.
Certains m’ont confié que le livre avait ouvert une discussion, ou simplement posé des mots là où il n’y en avait jamais eu.

C’est à ce moment-là que j’ai compris que le roman avait dépassé son point de départ.


Quand l’histoire devient un appui

Merde ! j’ai oublié les fleurs n’a jamais été pensé comme un outil thérapeutique.
Il ne cherche pas à expliquer, ni à réparer à la place de qui que ce soit. Mais il circule. Et parfois, il accompagne.

Lors de rencontres, une psychologue m’a expliqué recommander le livre à certains de ses patients, et le laisser à disposition dans sa salle d’attente.
Non pas comme une réponse, mais comme un texte qui peut aider à formuler, à réfléchir, ou simplement à se sentir moins seul.

C’est là que j’ai compris que l’ultime étape de ce parcours — être lue — était peut-être aussi la plus réparatrice.
Pas parce qu’elle valide.
Mais parce qu’elle relie.


Une réparation que je n’avais pas anticipée

Ce chemin-là, je ne l’avais pas imaginé au moment d’écrire.
Je pensais que le bénéfice serait intérieur, intime, presque silencieux.

Je découvre aujourd’hui que l’écriture, lorsqu’elle est partagée, peut aussi réparer autrement :
par la rencontre,
par la parole échangée,
par le regard posé sans jugement.

Le livre ne m’appartient plus vraiment.
Il vit dans les lectures, dans les échos, dans ce qu’il permet parfois d’oser dire.

Et c’est peut-être là que commence sa vraie vie.

Ce roman appui thérapeutique, je ne l’avais pas imaginé ainsi. Il l’est devenu par les lecteurs.


Ce roman peut-il aider dans un parcours thérapeutique ?

Oui, et cet effet peut prendre plusieurs formes.
Merde ! j’ai oublié les fleurs n’a pas été écrit comme un livre thérapeutique au sens médical du terme. C’est un roman.
Mais à travers les retours de lecteurs et de professionnels, j’ai compris qu’il pouvait avoir un véritable effet d’appui.
Certaines personnes qui ont vécu des histoires similaires y trouvent un écho direct. Le fait de lire une histoire qui met des mots sur le silence, la honte ou la violence permet parfois de se sentir reconnu, compris, moins seul. Plusieurs lecteurs m’ont confié que cette lecture leur avait fait du bien, simplement parce qu’elle exprimait ce qu’eux-mêmes n’avaient jamais réussi à formuler.
Une psychologue m’a également expliqué laisser le livre à disposition dans son cabinet et le recommander à certains patients. Elle y retrouve des mots justes, des formulations qu’elle reconnaît chez des victimes, et qui peuvent aider à amorcer une parole ou une réflexion là où les mots manquent.

Pourquoi l’écriture peut-elle être réparatrice ?

Le roman s’adresse à des lecteurs très différents, et c’est sans doute ce qui m’a le plus surprise.
Il touche bien sûr celles et ceux qui ont vécu des histoires familiales difficiles. Pour eux, la lecture agit souvent comme un miroir ou un soulagement : voir son vécu reconnu, nommé, sans être jugé.
Mais il s’adresse aussi à des lecteurs qui ont grandi dans des familles aimantes, sans violence, avec une enfance « classique ».
Plusieurs m’ont confié que le livre leur avait permis de porter un autre regard sur des parcours qu’ils ne connaissaient pas, de mieux comprendre certaines blessures invisibles… et parfois même de dire à leurs parents qu’ils les aimaient, ou simplement merci.
C’est en cela que le sujet est profondément universel : à l’heure où la parole se libère, ce roman ne parle pas uniquement de blessures, mais aussi de transmission, d’empathie et de conscience.

À qui s’adresse Merde ! j’ai oublié les fleurs ?

Dans mon parcours, l’écriture s’est construite par étapes.
Au départ, elle était presque cachée. J’écrivais sans en parler, avec retenue, parfois même avec une forme de gêne.
Puis j’ai accepté que cela se sache, sans dire de quoi il s’agissait.
Ensuite, j’ai accepté d’en révéler le sujet.
Puis d’être lue.
Puis d’être publiée.
Et enfin, d’affronter le regard des autres.
Chaque étape a demandé de lever une barrière. Et c’est finalement le retour des lecteurs — que je n’avais pas anticipé comme thérapeutique — qui s’est révélé le plus réparateur.

Le livre est-il conseillé par des professionnels ?

Oui.
Lors de rencontres autour du livre, une psychologue m’a expliqué recommander Merde ! j’ai oublié les fleurs à certains de ses patients et le laisser à disposition dans sa salle d’attente.
Non pas comme une solution, mais comme un texte qui aide à poser des mots, à reconnaître des émotions, à ouvrir une discussion là où le langage fait défaut.

Pour aller plus loin

Où peut-on se procurer le roman ?

Merde ! j’ai oublié les fleurs est disponible :

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