Le 15 novembre dernier, j’étais invitée par la Librairie Victor Hugo, à La Teste-de-Buch, pour une séance de dédicace autour de mon roman Merde ! J’ai oublié les fleurs.
Au-delà de l’exercice formel de la signature, une dédicace est toujours un moment à part.
C’est l’instant où le livre m’échappe pour de bon, où il devient une matière vivante entre vos mains.
J’ai été profondément touchée de voir certains d’entre vous arriver avec votre propre exemplaire, parfois déjà lu, corné, annoté.
C’est la plus belle preuve que l’histoire ne se contente pas d’être lue : elle vit.
De cette journée, je retiens surtout deux choses qui donnent un sens particulier à mon travail.
Quand un livre devient un allié thérapeutique
J’ai eu la chance d’échanger longuement avec une psychologue venue à ma rencontre.
Elle a aimé le livre, mais elle a surtout décidé de lui donner une place dans sa pratique :
elle le conseille désormais à ses patients, et le laisse à disposition dans sa salle d’attente.
Savoir que mes mots peuvent résonner dans un cabinet, accompagner un parcours de soin ou simplement apaiser une attente, est une reconnaissance qui me va droit au cœur.
Je n’ai pas écrit un manuel de guérison, mais apprendre que ce roman peut servir de support, de miroir, ou parfois de déclic, est une immense satisfaction.
Elle m’a confié cette phrase qui m’a marquée :
« J’en parle à mes patients. Vous avez su poser des mots là où eux n’y arrivent pas. Je le laisse en salle d’attente, et beaucoup s’y retrouvent. »
Dans ces moments-là, la littérature devient plus qu’un objet : elle répare, elle soutient, elle accompagne.
Et pour moi, c’est une forme de légitimité nouvelle.
Un fil invisible entre des univers différents
Ce qui m’a frappée, ce jour-là, c’est la diversité des profils présents.
Des lecteurs venus d’horizons radicalement opposés, des gens qui ne se seraient peut-être jamais croisés ailleurs… et qui, pourtant, se retrouvaient autour d’une même émotion.
C’est toute la force des livres : ils créent un territoire commun, un fil conducteur invisible qui nous relie.
Voir cette fierté partagée, ces proches accompagner quelqu’un pour me rencontrer, cette émotion contagieuse… c’est ce qui rend ces moments si précieux.
J’ai compris une chose essentielle :
le roman ne m’appartient plus vraiment.
Il vit maintenant dans vos mains, dans vos vies, dans ce qu’il réveille et dans ce qu’il éclaire.
Pour certains, ce livre fait écho à un chemin de vie.
Pour d’autres, dont le parcours a été plus doux, il provoque une prise de conscience — parfois même un merci silencieux adressé à leurs parents.
Le livre commence sa vraie vie
Un livre commence réellement à exister le jour où il rencontre quelqu’un.
Où il devient un fragment de l’autre.
Où il circule, se prête, se commente, se raconte différemment à chaque nouveau lecteur.
Ce 15 novembre, j’ai ressenti cette bascule.
Merci à la Librairie Victor Hugo pour son accueil et sa confiance,
et merci à vous d’être venus, simplement, pour partager un moment de vie.
Pour poursuivre l’échange
➡️ Découvrir le livre : Merde ! J’ai oublié les fleurs
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